La Petite Reine : À vélo, sur le chemin de l’emploi…
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Fini de ramer pour trouver un boulot. Mieux vaut pédaler ! La Petite Reine, entreprise parisienne de livraison à vélo, l’a bien compris. Depuis 2009, elle embauche des salariés en insertion et les accompagne sur la “ piste ” de l’emploi.
Paris, 7 heures. Un peloton d’étranges véhicules à trois roues jaillit du sous-sol, juste en face du musée du Louvre. En quelques secondes, en silence, ils s’éparpillent sans laisser de trace. Cette patrouille, c’est l’équipe de livreurs à triporteur ou à tricycle de La Petite Reine, société devenue, en moins de dix ans, spécialiste de la livraison écologique de courriers et de petits colis en ville. Tout commence en 2001 à Paris, quand un petit groupe de coursiers à vélo, menés par Gilles Manuelle, se forme dans le parking Saint-Germain-l’Auxerrois (1er arrondissement), loué à un prix avantageux par la mairie.
Le concept
L’idée séduit très vite et, petit à petit, La Petite Reine s’installe dans cinq villes de l’Hexagone (Bordeaux, Rouen, Lyon et deux sites dans la capitale), mais aussi à Genève et à Londres. En France, soixante-cinq collaborateurs offrent leurs services aux entreprises et aux services municipaux. “ Le matin, c’est la messagerie, noyau dur de notre activité, explique Didrik Janin, le jeune responsable développement de la société. L’après-midi, nos livreurs réalisent des prestations de sous traitance. On travaille alors pour le compte de Simply Market, Leroy Merlin, Sanofi-Aventis ou de boutiques Nicolas du 16e. ” Agiles, les triporteurs se faufilent entre les voitures et se garent aisément. Le tout sans émettre un seul gramme de CO2. Pour assurer des livraisons à vélo, nul besoin d’être très qualifié ni de détenir un permis de conduire. Si les tricycles disposent d’une assistance électrique, une bonne condition physique est tout de même opportune pour pédaler 10 à 15 kilomètres par jour en tirant 180 kilos de colis. Les profils des livreurs de La Petite Reine ont ainsi toujours été très variés : des jeunes hommes, souvent, mais aussi des seniors et des femmes.
L’insertion en ADN
“ L’un de nos salariés dormait dans sa voiture ”, reconnaît Didrik Janin. C’est pourquoi, en 2008, le groupe Ares (Association pour la réinsertion économique et sociale), spécialisé dans la prestation de services, remarque la société de Gilles Manuelle. “ Si elle rejoignait le groupe, encourage-t-on alors, La Petite Reine pourrait proposer des postes de livreur à des personnes en difficulté. ” Aussitôt dit, aussitôt fait. Début 2009, La Petite Reine intègre le groupe Ares. À l’été 2009, le site de livraison de Saint?Germain-l’Auxerrois est le premier à accueillir des salariés en contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) de huit mois renouvelable, orientés par les partenaires sociaux d’Ares. “ Ils sont aujourd’hui dix sur ce site et trois sur le nouveau, boulevard Saint-Germain, qui a ouvert en mars dernier. Mais on ne va pas s’arrêter là : nous visons la création de cent cinquante postes en insertion d’ici à trois ans avec l’ouverture de dix nouveaux sites en province et à Paris. ” Pour encadrer les salariés en insertion, un poste d’accompagnateur social et professionnel a été créé. “ Il est le relais entre les chefs d’équipe et les salariés, il prend le temps d’écouter les gens t de suivre leur intégration. Et, comme on n’aime pas faire de distinction, il s’occupe aussi des autres membres du personnel, en sa qualité de chargé des relations humaines. ” À leur arrivée dans l’entreprise, les salariés participent à une journée d’accueil avant de suivre pendant plusieurs jours un livreur expérimenté. Un carnet de route avec toutes les consignes à suivre est mis à leur disposition. Ensuite, ils restent libres de fixer leurs itinéraires et de gérer les relations avec les clients comme ils l’entendent. Travailler au sein de La Petite Reine permet ainsi de développer l’autonomie, la mobilité et la capacité d’organisation de chacun.
De nouvelles perspectives
Cette liberté, Rami Elakraa l’apprécie particulièrement. Il a 25 ans et s’occupe des livraisons pour Simply Market depuis le tout nouveau site du boulevard Saint-Germain. “ Je connais bien Paris, je me suis adapté rapidement, affirme-t-il. Mais pour réussir comme livreur il faut avoir une très bonne mémoire ! ” Ayant précédemment été ouvrier dans le BTP, l’expérience à La Petite Reine lui a offert de nouvelles perspectives. “ Je me suis découvert une véritable prédisposition pour la logistique. Quand je sortirai d’ici, je pense que je troquerai mon vélo pour une camionnette et que je me mettrai à mon compte. ” Antonine Duffuler, livreur de 22 ans pour le site du Louvre, a des projets différents. “ J’aimerais travailler dans le traitement des eaux. C’est pourquoi j’espère intégrer le Campus Veolia Environnement à la rentrée. ” Le groupe Veolia, spécialiste des services à l’environnement, s’est en effet engagé à proposer des formations aux salariés en insertion qui sortent de La Petite Reine. Pour eux, désormais, le retour à l’emploi se fait à vélo.
Contact :
La Petite Reine
Place du Louvre,
parking Saint-Germain-l’Auxerrois
75001 Paris
01 42 96 51 80
contact@lapetitereine.com
www.lapetitereine.com
Direction artistique / Coordination technique / Textes : © Reporters d’Espoirs. Partenaires : Fondation VINCI pour la Cité, Fondation Société Générale pour la solidarité, Fondation Véolia Environnement, Fondation la Mondiale / Photos : La Petite Reine
Dimanche 29 mai 2011 , Auteur : Admin
Association : Ares Services



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