Ateliers sans Frontières : Le déclic d’une deuxième vie
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On commence à se passer le mot entre associations. “ Pour s’équiper en matériel informatique de qualité et très bon marché, il faut aller chez ASF ! ” ASF… ce n’est pas une énième chaîne de fournitures high-tech, mais bien Ateliers sans frontières, un chantier d’insertion francilien créé en 2003 pour permettre à des personnes éloignées de l’emploi de revenir à la vie active.
Collecter, reconditionner et redistribuer à des associations le matériel informatique donné par les entreprises et par les services publics. Accueillir, redynamiser et accompagner vers l’emploi des personnes en situation d’exclusion. Voilà deux activités au premier abord très différentes. ASF les rassemble au sein d’une structure à la pointe du développement durable. Spécialiste de la deuxième chance pour tous, ce chantier d’insertion permet à plus de la moitié des personnes qu’il accueille de retrouver un emploi stable ou d’entamer une formation qualifiante. Le secret de ces résultats ? À découvrir en direct des Ateliers…
Étape par étape
Devant le grand hangar du port fluvial de Bonneuil-sur- Marne (Val-de-Marne), on peut compter les carcasses d’écrans et d’ordinateurs entassées. Pour elles, plus rien à faire. À l’intérieur, en revanche, une cinquantaine de salariés embauchés en contrat unique d’insertion (CUI) de dix-huit mois maximum réaniment les machines en fin de vie. Vincent, 49 ans, est arrivé chez ASF il y a un an. Alors qu’il avait perdu son domicile et son travail après un divorce, la mission locale lui a proposé d’intégrer les Ateliers. Il sait que le tri et le démantèlement des ordinateurs ne sera pas toujours son métier, mais il avait besoin de retrouver un équilibre. Et l’aide proposée par ASF va dans ce sens. À côté de leur travail de reconditionnement, les salariés en insertion sont accompagnés pour retrouver un logement, régler leurs problèmes de santé, leurs démêlés avec la justice… et construire leur projet professionnel. “ Le fait de pouvoir compter sur un accompagnateur est très important. Il est là pour répondre en toute confiance à mes questions, tant professionnelles que personnelles, souligne Vincent. Le travail à l’atelier m’a permis de combler le vide qui s’était creusé dans ma vie. ” Et aussi de créer du lien social. “ On se retrouve avec des gens de différents horizons, de tous âges et d’origines diverses ”, s’exclame-t-il pendant que Jérôme, son collègue de 24 ans, le taquine. Ce dernier est salarié en insertion depuis un an et demi et compte intégrer bientôt une formation dans le BTP. “ En attendant, c’est valorisant pour moi de savoir que ce que je fais ici va être utile à des associations à vocation sociale ”, confie-t-il. En effet, les ordinateurs reconditionnés sont vendus pour une centaine d’euros à des associations franciliennes ou étrangères. Cette activité représente 30 % du budget d’ASF, financé par les subventions des pouvoirs publics et les aides des fondations d’entreprise.
C’est en région parisienne qu’ASF est devenue une référence pour le monde associatif. Notamment depuis 2007, année où l’opération Assoclic a été lancée. Il s’agit d’un appel à candidature permettant aux associations franciliennes de s’équiper gratuitement en matériel informatique. Pour postuler, elles doivent agir en faveur de l’intégration sociale, de l’éducation et de la formation, détenir les ressources financières et humaines nécessaires à la mise en place de leur projet et bien sûr manquer de budget pour acheter des ordinateurs neufs. “ On essaye de toucher les petites structures de quartier, pour qui l’accès aux subventions est plus difficile ”, explique Jennifer Maillot, chargée du projet. Selon leurs besoins, les associations, sélectionnées par un jury auquel prennent part les salariés en insertion, peuvent recevoir jusqu’à cinquante ordinateurs. Certaines d’entre elles, les “ espoirs ”, touchent une bourse de 1 000 euros supplémentaires pour mener à bien un projet jugé méritant. L’opération est intégralement financée par des fondations d’entreprise, le conseil régional et la délégation interministérielle à la ville.
Un modèle qui essaime à l’étranger
Comme en témoigne leur nom, les Ateliers ont vocation à franchir les frontières. En 2005, ils ouvrent une antenne au Maroc. “ C’est là-bas qu’a été inventé et testé le projet Assoclic ”, rappelle Jennifer Maillot. En 2008, une troisième rejoint le réseau, en Roumanie cette fois. “ Notre démarche est particulièrement pertinente dans un pays qui manque encore de politique cohérente sur l’insertion par l’économie ”, affirme Raluca Gheorlan, directrice d’ASF Roumanie. Comme en France, les Ateliers roumains ont mis en place, en parallèle du travail de reconditionnement, un accompagnement socioprofessionnel personnalisé. “ De plus, on a voulu proposer systématiquement des formations diplômantes à nos salariés, pour leur donner plus de chances à la sortie. ” Sur la vingtaine de personnes ayant bénéficié du soutien d’ASF Roumanie à ce jour, deux ont déjà retrouvé un emploi. Si la structure n’est pas encore en mesure de générer des revenus, en 2009, elle a néanmoins équipé quelque soixante-dix associations dans le cadre du projet Assoclic. Un débouché solidaire exceptionnel pour les parcs informatiques des entreprises implantées
dans le pays.
Les soutiens des Fondations La Mondiale, Société Générale pour la Solidarité, Veolia Environnement et VINCI pour la Cité
Dès son lancement, Ateliers sans frontières a su fédérer de nombreuses fondations d’entreprise. En 2004, la Fondation Veolia Environnement a participé au financement des équipements de l’atelier et a contribué, grâce à la médiation de son parrain, au démarrage de l’activité. Ainsi, Veolia Propreté, spécialisé dans la gestion des déchets, a choisi de soustraiter à ASF le traitement du matériel informatique récolté. Un contrat qui lui a permis de s’affirmer sur le marché et de créer des emplois en insertion. Depuis, plusieurs autres fondations ont rejoint ASF, notamment autour du projet Assoclic. En plus de leur soutien financier, les Fondations La Mondiale et Société Générale pour la Solidarité se sont impliquées pour collecter du matériel dans leurs différentes filiales et pour relayer les appels à candidature auprès de leurs associations partenaires ou clientes. Au sein de Société Générale, les collaborateurs ont été mis à contribution. Stéphane Godin, chargé de mécénat à la Fondation, a été membre du jury Assoclic. “ Un moment d’échanges très riche entre des personnes aux parcours très différents. ” Nicolas Mathias, responsable des campagnes publicitaires corporate du groupe, a proposé des pistes de réflexion pour étoffer l’offre de services autour des packs informatiques d’ASF. La Mondiale, par l’intermédiaire de Marie-Pierre Collot, correspondante régionale de la Fondation, a mis son réseau à disposition d’ASF. “ Mon travail et mes contacts me permettent de rencontrer à la fois des associations intéressées pour envoyer leur candidature et des entreprises en train de renouveler leur parc informatique. ” Cet engouement, on le retrouve en Roumanie, où les Fondations VINCI pour la Cité et Veolia Environnement sont particulièrement actives. Dimitri Plantier, directeur de la filiale Freyrom /Freyssinet du groupe VINCI dans le pays, parraine ce projet depuis le début. Il a été aux côtés de Raluca Gheorlan lorsqu’elle bataillait avec les services de la ville afin d’obtenir des locaux pour installer les Ateliers. “ C’est un lien très fort qui me lie à ASF : je rencontre Raluca tous les mois pour faire un point sur les avancements et envisager l’avenir, explique-t-il. Et c’est d’autant plus enrichissant pour moi que cela me permet de sortir de mon cadre de travail. Un projet solidaire pousse à la créativité. ” Certes, le démarrage n’a pas été facile dans un contexte où les ressources pour le secteur associatif sont rares. “ J’ai incité mon entreprise à faire d’importantes donations aux Ateliers : des meubles et des équipements informatiques pour l’usage interne notamment, rappelle Tatiana Burileanu, directrice des systèmes informatiques et administratifs d’Apa Nova Bucuresti (groupe Veolia Eau) et marraine des Ateliers depuis début 2009. Je me suis fait également l’écho des besoins d’ASF Roumanie auprès d’autres entreprises et organisations professionnelles susceptibles de donner leurs vieux ordinateurs. ”
Contact :
Ateliers sans frontières
17, rue du Moulin-Bateau
94380 Bonneuil-sur-Marne
01 56 71 28 28
contact@ateliersansfrontieres.org
www.ateliersansfrontieres.org
Direction artistique / Coordination technique / Textes : © Reporters d’Espoirs. Partenaires : Fondation VINCI pour la Cité, Fondation Société Générale pour la solidarité, Fondation Véolia Environnement, Fondation la Mondiale / Photos : Ateliers sans Frontières
Dimanche 29 mai 2011 , Auteur : Admin
Association : Ateliers sans Frontières



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